La fugacité du souvenir

Par une après-midi ensoleillée, j’étais partie me promener sans but particulier. J’ai marché dans les rues de la ville, sentant la chaleur du soleil sur ma peau. Je me souviens que cette journée me semblait légère. De son poids léger, elle me murmurait : « Tout est possible. Tu vas y arriver. Tu as raison de t’accrocher à tes rêves ». Cette légèreté me transportait, me transperçait au plus profond de mon être et devenait mienne au fur et à mesure de mes pas. Je la ressens encore aujourd’hui, malgré sa fugacité. Alors, je ferme mes yeux et j’essaie de me rappeler cette promenade. Malheureusement, mes souvenirs visuels semblent effacés de ma mémoire. Ils ont disparu, à moins qu’ils ne soient enfermés dans une pièce noire de mon cerveau dont j’ai perdu la clé. L’un des rares fragments qui me revient est la présence d’arbres, d’arbres en fleurs. Je sens l’ombre des feuilles qui me chatouillait le visage de leur fraîcheur. Une chaude sérénité m’envahissait faisant éclore une musique intérieure qui rythmait ma démarche. Chaque pas correspondait à une note. Une mélodie agréable se formait dans mon esprit. Hélas, je ne pourrais la rechanter aujourd’hui. Accompagnée de ce doux murmure, je continuais à avancer. J’avais envie que cet instant fugace dure indéfiniment. Je souhaitais que cet état de bien être ne me quitte jamais. Je voulais l’enfermer au plus profond de mon âme, pour que cette paix intérieure reste toujours en moi.

Depuis cette promenade, un simple rayon de soleil suffit pour faire réapparaître cet état de plénitude, en réchauffant mon corps engourdi par le froid de la pluie.
Le chant des oiseaux réveille cette mélodie indicible qui envoûtait mon esprit. Un air léger, qui ensorcelle, en dévoilant la beauté de ce monde. Le bruissement du vent au travers des feuilles apportait une harmonie nouvelle. La musique évoluait au fil du décor.
Cette mélodie, aujourd’hui, me semble aussi abstraite que le cadre de la promenade. Seules les sensations, de cette après-midi-là, sont restées bien vivantes, ancrées dans ma mémoire et réveillées par le moindre stimulus.
Pourvu que ce mécanisme intérieur m’accompagne encore longtemps, permettant à la plus petite des éclaircies de chasser les soucis en un tour de main.

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